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Ronny Someck - his poetry

 

 

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Take it Ouzo

La ville de Patras est frappée chaque année
par 800 tremblements de terre.
J’en ai ressenti un dans la chambre 14
de l’Hôtel « Castello ».
Je n’étais pas seul, et même après avoir vidé
la bouteille d’Ouzo jusqu’au culot,
son épaule tremblait encore comme une métaphore
du concert impromptu de la nature.

Traduit par Michel Eckhard Elial

 

 

 

Requiem pour le dernier tigre du monde

Juste avant sa mort ce sont des flèches d’amour
que le dernier tigre du monde a gravées de ses griffes
sur des troncs d’arbres décapités
dans le rêve d’une hache décervelée.

Chaque soir à sa mémoire le soleil trace
des rayures sur les nuées du paysage
qu’il continue de dévorer.

Traduit par Michel Eckhard Elial

 

 

 

Langue

La langue est un tapis rouge
déroulé sous des chaussures de mots
cirés dans la gorge.

Le premier mot sorti de là
pieds-nus
s’appelait « je ».

Traduit par Michel Eckhard Elial

 

 

 

Landscape sleeve sonata

The landscape sleeve
was folded on the beach's arm.
The storm lifted the sea's cheekbones
Your face blazed in the dark.

You had tickets to Hollywood and Sodom
A velvet curtain concealed the dream.
You sewed star’s clothing in a rusted needle
and dead birds were tied on your head as a ribbon.

You wrapped the moon in blue paper
You could only fall from the cotton wool cloud vapors
the fog stabbed
what’s left of light
and when you went out of sight
you left a memento of hair in the bath.

Tr: Liora Someck

 

 

 

Huit blessures

Soudain quand elle s’enferme dans les caves de son cœur,
ses yeux suspendus comme une lampe-tempête
au plafond de son front,
je compte intérieurement les huit blessures
d’Alexandre le Grand:
le coup de couteau de boucher à la tête
l’épée dans la cuisse
le lance-pierre dans la poitrine
la flèche qui traverse la jambe
la pierre sur la tête
une fléchette qui transperce l’épaule
et l'autre le talon
et l'autre le poumon.

Elles ne l’ont pas empêché de conquérir la moitié du monde,
mais pour elle, ce soir, la défaite de l’amour est
celle du monde entier.

Traduit par Michel Eckhard Elial

 

 

 

Paris. Cinq minutes avant l’automne

Des feuilles
qui rêvent
de tomber
comme des soutiens-gorges
de femmes.
Les branches
de l’arbre
sont
tellement secouées
par l’incursion
du vent.

N.B.
Peut-être est-il déjà impossible de savoir quoi que ce soit sur l’automne,
et moi j’imagine aller au café jouer au backgammon
avec Yves Montand.

Traduit par Michel Eckhard Elial

 

 

 

Scarlett Johansson chante sur l’herbe verte de Tom Waits

Le vert de ses yeux
elle le doit à Dieu qui leur a donné la lumière
des molécules de chlorophylle.
Quand ils sont clos par les rêves, elle grimpe
dans ses chaussons de ballet
sur l’Everest.

Là,
elle ouvre les mains
pour rattraper le cœur déchiré
d’un oiseau qui tombe.

« Maintenant, je chante, il y a une bulle de moi
qui flotte à l’intérieur de toi »
et dans sa gorge les vagues sont plus hautes que l’océan amoureux
sous l’escorte des rivières échouées.

Traduit par Michel Eckhard Elial

 

 

 

Les talons hauts de Simone de Beauvoir

               (sur une photo de Art Shay)

 

Toute la doctrine de l'Existentialisme pourrait tenir
dans les talons hauts de Simone de Beauvoir.
Les chaussures achetées dans une boutique à côté du Café de Flore
étaient plantés sur le carrelage devant le lavabo
d'une méchante salle de bains de Chicago.
C'était en l'an 1950, au dessus des talons
piaffaient de longues
jambes de cheval.
Elles ruaient tout autour
pavanant si bien la croupe
comme une poire cueillie
sur un arbre de la Renaissance.

Traduit par Michel Eckhard Elial

 

 

Coeur

               à Shirly

 

Je suis un menuisier
qui découpe dans la chair du bois
les portes des chambres du coeur.
Dans les coins
sont glissées les lettres envoyées par le cerveau,
à l'intérieur le secret
des forêts éternelles
que j'ai toujours voulu connaître.

Traduit par Michel Eckhard Elial

 

Page arrachée aux jours du Lycée 'Mishlav'

Au dernier rang était assise Lilah
qui lors d’une récré avait pu dire : Viens, partons,
J’enlèverai ma chemise et je te montrerai, à quoi ressemblent les montagnes,
dans la géographie du corps,
et comment Yaël des cours de Bible avait assassiné Siséra.
Toi, qui détestes les maths, tu comprendras enfin que dans une équation
il faut ouvrir les crochets, en déterminant les variables
pour trouver l’inconnue.
Mais Lilah n’avait pas la langue bien pendue,
pour se perdre en mots, alors qu’à l’instar de Claire, la prof de français,
Il suffisait de rapprocher les lèvres, et d’ imaginer comment dans la langue,
comme dans la guerre, le mot baiser
peut être aussi une arme de guerre.

(et si ne n’était pas superflu, j’écrirais que la même année
sous le framboisier de sa cour, ce fut notre salive qui fut pressée
dans nos bouches de victimes de la session d’hiver du bac).

Traduit par Michel Eckhard Elial

 

 

Le concerto pour piano numéro 21 de Mozart

Pour Ariel Hirschfeld

Sur les cloisons de la baraque en bois à Bergen-Belsen
Madame Fanny avait gravé les notes
du concerto pour piano numéro 21 comme si
elles traçaient la lettre de suicide du monde.
Elle était sûre qu’après la guerre
il ne resterait rien
et ceux qui viendraient d’une planète sauve
pour balayer les cadavres sur la surface de la terre
verraient, que dans cet univers-là,
il y avait au moins un génie.

Traduit par Michel Eckhard Elial

 

Sable

(dédié au sachet de sable ramené par Ali Fraj des berges du Tigre)

Si ce sable avait des mains, elles dessineraient
sur mes lèvres les arabesques des premiers mots
sortis de ma bouche.

S’il avait un cerveau, il se souviendrait
des pieds de bébé qui couraient sur son visage.

S’il avait des yeux, ils verraient
que les eaux du Tigre ont pour ambassadeurs des larmes
au pays des yeux.

Milan, Mai 2019

Traduit par Michel Eckhard Elial

 

 


 

 

The 33rd Poem on the Minister of Loneliness

If I hadn’t read 32 poems
Dedicated to Tracy Krauch
Who was appointed Minister of Loneliness in the government of England,
I would have written the 33rd poem
And describe her sitting on the only chair in her office
Holding in her hand "A Rose to Emily" and reading
On the back cover that William Faulkner was
the only mailman in the world,
Who instead of delivering the letters
Would tear the envelopes to read of all the loneliness contained within.
“Loneliness”. She almost wrote in her diary, “Is
A fault in the gun of the suicide, the bullet that refuses
To be the honor volley of the funeral of the word end.”

But in the offices of the minister, instead of gun powder
Thrown on the floor
Rose thorns
Depressed stems
And the axe handle, that fell the tree from which the paper was made
That I abandon on its own the ink
Of the entire poem.

Tr: Karen Alkalay-Gut

 

 


 

 

A Cypress

A cypress
planted in
ground like an
exclamation mark
at the end
of the answer
to whomever
is wondering
how
the ego
of nature
appears

Tr: Karen Alkalay-Gut

 

 


 

 

Blues for a Hitchhiker from the Navy

 

 

Blues for a Hitchhiker from the Navy

What kicks can be kicked in army boots
That are choking on the laces bind them?
To what height can grass grow in the lot
That was never a plot?
Just a crossroads
In the heart of the desert.

As with soccer, I begin with the configurations:
On one side is her, a naval officer
And it’s impossible not to compare her shirt buttons
To the guard boats
In an extremely heaving sea.
On the other side, there is me.
Barely a month after I was condemned
To a khaki uniform spotted
With gun oil.

Sometimes thoughts are in the status of one side
And when something of her smile was dropped
Like an anchor opposite the pier of dreams
(and sorry about the sweetness of the simile)
I would be to her a gunner of the destroyer
The swelling muscles of the hands holding the rowing oars
An oxygen tank on the back of the diver
And even a secret missile not yet invented

"There should be no misunderstanding here,"
I whispered to myself even then
"This is not the beginning
Of a love story. "
And still, if I remember the fate of the door slammed
In the car that took her away,
It’s because the next day
And the day after the day after
In the navigation trek
I was the only one whose heart’s compass took
To another place.

Tr: Karen Alkalay-Gut

 

 


 

 

Regards to the Waitress in the Student Bar at the University of Iowa

 

 

Regards to the Waitress in the Student Bar at the University of Iowa

Her head was empty as a vase
and I filled it with flowers
that I scribbled in black ink
on the bar

Tr: Karen Alkalay-Gut

 

 


 

 

Pour les yeux de Lily ou les yeux de la nuit

 

 

Pour les yeux de Lily ou les yeux de la nuit

Tu sais, dit la voisine russe à mon père,
cette Oum Koultoum, que tu écoutes haut et fort,
a dit qu’elle viendrait à Tel Aviv chanter après sa conquête
par Abdul Nasser.
J’étais à côté de lui et mon cerveau d’enfant de sept ans
était agité par un dilemme:
étais-je pour les yeux turquoise de la blonde
qui était aussi la mère de Lily, sacrée par mon cœur
reine de beauté du quartier évacué,
ou pour la chanteuse qui demandaient aux yeux de la nuit
le retour du soleil
Les mots s’échappaient des lèvres de mon père : Nous l’aimons,
et dans ses yeux, je vis qu’il rêvait de dire: Si c’est vrai,
Yallah, Nasser,
viens, même un instant.
Garde-moi une place au premier rang,
Je ne veux pas perdre la seconde où sa voix fera voler
même les nœuds papillons
au cou des violonistes.

Tr: Michel Eckhard Elial

 

 


 

 

Sète. Vue du Quai Paul Riquet

 

 

Sète. Vue du Quai Paul Riquet

Les pavés du quai Paul Riquet sont soudain vides.
Une averse a gratté les traces laissées
par les pattes des pigeons,
les barriques de vin égorgé
et le chausson oublié d’où ont poussé les bas résille
d’une prostituée dans la chanson de Georges Brassens.

Et les marins ? O les marins.
Ceux qui ne sont pas encore enterrés
dans le cimetière marin
ont toujours la gitane plantée entre les lèvres,
ils enfument les cheminées de l’esprit
des bateaux à vapeur
qui ont jeté l’ancre.

Tr: Michel Eckhard Elial

 

 


 

 

Sonnet for the one who settle for less

 

Hear singer and the composer Chani Dinur sing 'Sonnet for the one who settle for less'.

Poem and illustration Ronny Someck.

 

 


 

 

Not me

 

I did not see the scars on the thighs of the women
Who were raped in Kishinev.
I didn’t pierce the moon on a spear of cypress.
I didn’t change the tire of the jeeps that were trapped
in Bab al-Wa’ad.
I didn’t pity the children in the Kindergarten,
and I didn’t run on the bridge that betrayed Jonathan in this place.
With Yona Wollach I wrote a hymn to the whorehouse of Fanny Hill,
And with Amichai I carried baskets of apples that we bought in old Jerusalem
from the stall of Abu Khalil.
In the wine shop in south Tel Aviv I twisted with Guri the cap on a Jonathan Walker
under the stars, with no excuse we got drunk outside.
With lines of Bialik I showed a few hungry-eyed women
a prostitute sitting in the window, and
the hammer of my great sorrows.
A national poet needs a different hammer that will nail
his feet to the ground
again
and again.

I maintain the right to hover.

Tr: Karen Alkalay-Gut

 

 


 

 

Antalya

 

See the Yinon Muallem Quintet play and sing Ronny Someck's poem ' Antalya'.

Lyrics: Ronny Someck
Music: Yinon Muallem
Arrangement: Orel Oshrat

Yinon Muallem: Oud, Vocal
Sivan Oshrat: Vocal
Orel Oshrat: Piano
Meni Welt: Double Bass
Maayan Doari: Percussion

Recorded live at Alt Studios Israel
Mixed & Mastered at ADA studios Istanbul
Video Clip by: Nadav Ariel
Group Picture by :Rami Zarnegar

Booking: info@simplymusicland.com
Please visit to buy the cd: yinonmuallemquintet.bandcamp.com

 

 


 

 

Tel Aviv at Night

 

Hear Maya Belsitzman & Matan Ephrat sing and play Ronny Someck's poem 'Tel Aviv at Night'.

 

 


 

 

Poème de Bonheur

 

 

 

Poème de Bonheur

Nous sommes posés sur le gâteau
comme des figurines de maries
Quand le couteau tranchera
essayons de rester sur la même tranche

Tr: Michel Eckhard Elial

 

 


 

 

The Mouth

 

 

The Mouth

The mouth is like a stable gate
kicked open by a horse - a word.
"Giddyap," I shout to love,
"Giddyap, giddyap".
And it tosses its mane
bearing on its back a pile of flame
it plundered from wayside bonfires.

Tr: Vivian Eden

 

 


 

 

In front of bird food packages in a Belgium supermarket

 

 

In front of bird food packages in a Belgium supermarket

There are no tweets on this shelf.
Full birds
do not chant.

Tr: Shirly Someck

 

 


 

 

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